
Ne brillant pas de sérendipité, j'avais dû la ranger dans un des nombreux plis de mon manteau de charlatan, et j'allais oubliant, à travers villes, à travers vents, tourné dans mon élan par une pourriture, n'ouvrant de moins en moins mon pan que pour y trouver une herbe ou deux à tinter l'eau d'un thé pour des jeunes filles malades.
Or donc la pierre n'attendait pas, et exerçait sur moi ses larmes imbéciles. Mes yeux bouffis m'avaient privé de clientèle, et je me suis bientôt retrouvé à lécher les cailloux du chemin pour en avoir le sel. Un simple mot mettait en fuite des villages entiers. Mon haleine a dépeuplé plus de campagnes que la peste noire et les Anglais.

Une fois bien débarassé, couché dans les cendres chaudes et prêt à passer ma nuit, j'ai été attaqué par de fauves évidences. Le feu que j'avais alimenté les tenait à distance, mais cela ne pouvait pas continuer jusqu'à la fin des nuits. Elles sont si répandues sur la face de la terre qu'il n'y a jamais assez d'entailles où fourrer leur museau. Je me suis bien battu, je crois, mais j'ai dû finir par me rendre. Les tripes à l'air, je me suis relevé après, et j'ai continué sur la route en trainant mes lambeaux où apparaissaient encore quelques poches où j'ai pu renouer mes chairs et brûler quelques peaux ensembles.
C'est dans ce bricolage de la dernière chance que j'ai retrouvé le joyau de mauvaise augure. Il a roulé un moment sur la pente, et comme il s'éloignait j'aperçus déjà au loin une ou deux filles de ferme qui venaient pour me secourir. D'une torsion de hanche, j'ai arraché mon bras vers le bas du caniveau, et mes doigts sans ongles se sont lacés autour du galet triste. Elles ont stoppé tout net.
Il n'y a peut-être que ... en ce monde, mais j'ai au moins le ... de ...
